Les 3 motivations secrètes du surcyclage textile – Les dessous de l’upcycling

Atelier de Minuit moins cinq, janvier 2020

 

Saviez-vous que les friperies jettent plusieurs tonnes de linge par an ?

BAM, À LA POUBELLE.

« Hein, comment ça ? »

Parce qu’elles reçoivent simplement trop de vêtements pour pouvoir tous les gérer. En ville, comme dans la grande région de Montréal, les ressources pour collecter les tissus sont plus communes (avec un système de vente vers d’autres pays, par exemple), alors qu’en région, comme chez nous au Saguenay, les surplus textiles sont majoritairement envoyés au site d’enfouissement.

 

La solution ? Diminuer notre consommation.

 

Une autre solution en attendant ? Le surcyclage textile, le fameux upcycling : ça, c’est notre méthode de travail !

« Qu’escé ça ? »

Le surcyclage, c’est plus que du simple recyclage. C’est une façon de récupérer des matières premières, mais en leur ajoutant de la valeur : un vieux pantalon deviendra donc un merveilleux sac banane ou une superbe Babette la baleine. Le « déchet » s’améliore donc ! C’est beau hein ? Ouep, c’est bien beau, mais c’est parfois bien compliqué. Mises à part pour des considérations environnementales, pourquoi est-ce que les designers se tournent vers l’upcycling ?

Secret no.1 — Ça contraint et repousse les limites de notre création

Enveloppe récupérées de Minuit moins cinq

 

On en parle beaucoup dans nos réseaux sociaux de nos matières récupérées : une chemise par-ci, un jeans par-là, une jaquette de flanelle et un drap de coton zoup zoup. Se pencher sur une pièce de vêtements, c’est analyser sa constitution textile (ça s’étire ben que trop pour faire un portefeuille ça), sa grandeur (crime je peux y rentrer 4 Babettes la baleine !), sa richesse (ce sera parfait pour un sac banane) ou son motif (vintage cool ou vintage poche ?). C’est aussi ce qui nous inspire dans nos créations. Parce que la vraie réalité, c’est qu’on ne peut pas tout faire, dans tout, tout le temps. Nos contraintes textiles peuvent parfois nous paraître immenses, parfois, ça nous mène aussi à nous réinventer et à créer en fonction des textiles que nous récupérons, pour les surcycler et les rendre si beaux que la matière première, qui est dite usagée, disparaît du regard et le produit semble neuf neuf neuf. Mission accomplie qu’on se dit alors !

 

 

Secret no.2 – Des morceaux uniques

Créer à partir du neuf, c’est partir de la seule contrainte de ton imagination. Et c’est reproductible.

 

Créer à partir du vieux, c’est repenser la création, c’est laisser l’inspiration venir du tissu lui-même, de son âge, de son motif, de sa vie, de son vécu. Parce que tous les vêtements que nous utilisons ont d’abord eu une vie, puis sont arrivés entre nos mains. Nous créons une relation nouvelle. Nous marions les textiles. Une vraie famille reconstituée bien contemporaine ! Ça donne des morceaux parfois complètement uniques (genre Freitag avec ses sacs à dos de toiles de camion, mettons), ou disponibles en quelques exemplaires seulement. De quoi ravir les personnes qui veulent se démarquer, sortir des sentiers battus, se créer une identité vestimentaire propre !

Secret no.3 – L’affectif et la nostalgie

On se souvient du grain des jeans des années’ 90, du motif Flower Power des années ’70, un peu revenu au début des années 2000. On parle encore des pantalons « pattes d’éléphant », des couleurs fluo des années ’80 et ’90 et des draps « santé » lilas ou vert menthe qu’à peu près tout le monde a eus dans son lit d’enfant pour affronter les rudes soirées d’hiver québécois.

 

Les tissus, les motifs, ça nous a marqués. C’est la trame de fond de nos vies, parce qu’on a toujours porté du linge, suivant les modes et les tendances, qui elles, passent. En réutilisant ces tissus, ces vêtements et ces draps, mais en sélectionnant les motifs et changeant complètement leur finalité, on a l’impression d’insuffler un peu de toutes ces époques importantes dans nos quotidiens. On revoit les draps de grand-m’man devenus sacs à collation, et on pense à elle, à nos jeux d’enfants, à nos souvenirs. C’est fort, le pouvoir du textile !

 



 

L’upcycling de Minuit moins cinq (c’est nous ça !), c’est aussi réintroduire la vie des gens de L’Anse-Saint-Jean à travers le Québec ! Ben oui, nous, on fonctionne avec, en majorité, les vêtements des gens du village. Incroyable mais vrai ! 1300 personnes, c’est suffisant pour nous fournir près de 80 % de tous nos besoins textiles. C’est ça, de l’économie circulaire !

 


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